As_One

SYNOPSIS
“Korea” raconte l’histoire vraie du championnat mondial de ping-pong en 1991 où pour la première fois la Corée du Sud et la Corée du Nord ont participé avec une équipe commune. Ha Ji Won joue Hyun Jung Hwa, du Sud, et Bae Doo Na est Lee Boon Hee, du Nord.

INFORMATIONS:
Titre alternatif : 코리아 (Korea)
Genre : Sport, Histoire vraie
Diffusion : 3 Mai 2012
Durée : 127 min.
Réalisation : Moon Hyun-Sung
Casting : Ha Ji-Won, Kim Eung-Soo, Oh Jung-Se, Park Chul-Min, Bae Du-Na, Choi Yoon-Young (1986), Lee Jong-Suk, Han Ye-Ri, Jang Ri-Woo, Kim Jae-Hwa, Joo Yung-Ho, Cha Seung-Yun

Release Pocky subs

3 COMMENTAIRES

  1. Merci pour le partage.

    Le sport est décidément une activité très cinégénique, offrant l’un des sous-genres cinématographiques les plus chargés en émotion et en empathie. Alors certes, les ressorts sont toujours un peu les mêmes, où l’on voit des sportifs se dépasser afin d’atteindre leur objectif. Mais parfois, un élément social ou politique vient transcender le récit, le sortant des ornières du simple fait réel relaté.

    Car la spécificité historique et politique de la Corée vient régulièrement imprégner les scénarios des films coréens, même ceux inscrits dans des genres pourtant balisés. Ainsi ce film qui devient plus qu’une édification de l’humain par l’effort, bifurquant vers le symbole à la fois de ce qui a été une réussite dans le passé, et de ce qui est aujourd’hui un constat de gâchis.

    Dès la fin des années 1960, des tentatives de rapprochement des deux Corée pour une éventuellement réunification ont lieue sans évidemment aboutir. Cela dit, ponctuellement, des initiatives sont prises pour un but commun, notamment dans le milieu sportif. En 1991, le ping-pong féminin est largement dominé depuis les années 1980 par la Chine, que ce soit en individuel, en double (double mixe aussi d’ailleurs) ou par équipe, et c’est d’ailleurs toujours vrai au moment où j’écris ces lignes. La période coïncide pourtant avec une sorte d’âge d’or du tennis de table en Corée, plus particulière le Sud, qui commence à remporter des victoires importantes à partir de la fin des années 1980. Les deux Corée arrivent alors à s’entendre pour proposer une équipe coréenne réunifiée, avec des athlètes du Nord et du Sud, pour les championnats du Monde de 1991 qui ont lieu à Chiba au Japon.

    C’est cette compétition qui va servir de contexte au film, mais le propos est ailleurs. As one est son titre international en anglais. Comme un seul, ou Ensemble pourrait-on traduire. Et il est bien question de cela. Certes, il y a du sport, de la sélection à l’entrainement, pour ensuite passer aux matchs et à la compétition. Tout cela est conventionnellement abordé tout en étant très soigneusement reconstitué et filmé. Les actrices sont très crédibles en pongistes, qui donnent une réelle intensité physique à leur prestation, ne laissant pas l’impression de simuler ou de singer. Il faut dire que des anciens intervenant du milieu de l’époque ont participé à la préparation du film et de ses interprètes, la vraie championne Hyeon Jeong-hwa, campée dans le film par Ha Ji-won, enthousiaste pour ce projet, s’étant personnellement occupée de l’encadrement des deux actrices principales, faisant même une petite apparition dans le film. Même les arbitres de l’époque ont participé au tournage. Le résultat est là, tant par l’ambiance que par la crédibilité.

    Mais l’intérêt est ailleurs, bien-sûr. C’est le choc de cultures entre deux visions du Monde, entre pourtant des personnes issues du même pays. En une génération, les gens d’une même terre ont été façonnés de manière radicalement opposée de par des régimes politiques foncièrement différents et antagonistes, et pourtant, il suffira de quelques jours pour que les barrières tombent entre ces jeunes sportifs dont les épaules seront assez fortes pour surmonter l’épreuve sportive. Mais pas assez pour relever le défi politique qu’on voulait leur faire représenter… Non par manque de volonté, mais parce que des forces plus puissantes les condamnaient à l’échec.

    Le réalisateur va s’attacher à nous faire espérer une voie positive, même si pas dupes, nous savons bien comment finira ce début de rapprochement. Il nous donne pourtant à espérer, à travers une galerie de jeunes acteurs et actrices qui forcent la sympathie. Aucun ne va chercher à convaincre l’autre du non-fondé de son mode de vie, mais, après quelques réticences et provocations, vont trouver ce que leurs chefs politiques ne trouveront jamais : l’union, comme un seul, as one… On pourra trouver le film larmoyant, on peut aussi se laisser submerger par l’émotion. Une émotion véhiculée par principalement une bande d’actrice qui communiquent une humanité aussi fragile que palpable à l’écran. L’opposition de genre et de style des deux actrices vedettes, entre une Ha Ji-won frondeuse qui retrouve son air de garçon manqué qu’on avait apprécié dans Duelist, et une Bae Doona plus introvertie dont la sensibilité désarçonne les plus durs, fait merveille, mais on retiendra aussi la prestation de Han Ye-ri en jeune nord-coréenne qui perd ses moyens face à l’enjeu du résultat.

    Un film qui prend de la valeur avec le temps, narrant l’ouverture d’une petite fenêtre de l’Histoire sur l’opportunité d’union d’un pays coupé en deux, qui sera aussi vite fermée, peut-être définitivement lorsqu’on voit qu’en 2017, le dictateur gros plein de soupe Kim Jong-un joue avec les nerfs de la communauté internationale en multipliant les provocations et faisant régulièrement la une de l’actualité, et sûrement pas pour apaiser une nation toujours en état de guerre.

    As one, c’est l’espoir dans tous ses états : l’espoir d’une vie meilleure et de la paix, mais aussi l’espoir déçu et gâché.

    Encore merci pour le partage de cette magnifique découverte.

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