robbery
Ping vient de se faire embaucher dans une épicerie de nuit,
le soir même un braquage peu commun à lieu.

Réalisateur : Ka Wing Lee
Genre : Comédie,Drame,Thriller
Acteurs : Aaron Chow, Anita Chui, Julie Arie
Pays : Hong Kong
Date de sortie : 14 Avril 2016
Durée : 1h30

Magik Fansub

1 commentaire

  1. Merci pour le partage.

    Parfois, certains films sont qualifiés d’O.F.N.I. (Objets Filmiques Non Identifiés) de par leur étrangeté ou leur côté barré, tant ils détonnent par rapport à leur environnement habituel.

    Il y a un peu de ça dans Robbery, film qui débute comme une vision acerbe de la société hongkongaise, pour ensuite virer au huis-clos d’un casse qui tourne mal, pour enfin finir sur, heu… n’importe quoi…

    Parodiant Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese (15ème au box-office 2014 de Hong Kong), le début annonce la couleur de ce qui semble être une récitation de références de la part de l’auteur, répétant les gammes de ses réalisateurs de jeunesse, car, suivant les scènes, des noms comme Kevin Smith version Clerks (pour les errances et l’ennui dans une supérette), le Danny Boyle de Trainspotting (pour la narration déjantée décrivant le quotidien d’un jeune prolétaire), le Guy Ritchie de Snatch (pour la galerie de personnages tous plus ou moins frappés qui vont s’entretuer) et forcément le Quentin Tarantino de Reservoir Dogs (pour les fulgurances de violence terminant des phases de dialogues et l’hémoglobine qui gicle). Bien-sûr tout ce petit monde a en commun une maitrise visuelle propre à dynamiser leurs récits, généralement déstructurés, n’hésitant ni à balader la caméra dans des angles improbables, ni à revenir en arrière dans la narration en explosant cette dernière via un montage qui coupe court à toute longue exposition. Leur autre point commun étant l’écriture de dialogues dont la drôlerie fait passer (pas tout le temps quand même) la pilule de la vulgarité ou de la violence, qui, forcément, ne font pas l’unanimité.

    En fait Ka Wing Lee, ou Fire Lee comme il veut être appelé (et effectivement, pour le meilleur comme pour le pire, il y met le feu, à l’écran), convoque les œuvres fondatrices de ces cinéastes cultes, se réclamant en quelque sorte comme leur héritier, si ce n’est leur semblable. De ce fait, ça bouge, ça s’agite même, la caméra n’étant pas toujours très sage. L’histoire est constamment relancée par l’arrivée d’un personnage, comme dans une pièce de théâtre, et on sent d’ailleurs que vite débordé par le nombre, l’auteur va parfois en éliminer rapidement quelques uns. Autant le dire, ça ne va pas plaire à tout le monde. Déjà de par la présence de giclées sanguinaires, ensuite par la vulgarité assumée de certaines scènes, enfin par l’humour pipi-caca et en dessous de la ceinture qui vient empêcher de prendre tout cela au sérieux.

    D’ailleurs comment prendre au sérieux cet étrange film vu la fin proposée, qui parait avoir été écrite après l’ingestion de quelques substances illicites ? Le réalisateur tente bien d’insuffler une sorte de poésie macabre (et là Tim Burton pointe son nez), mais ce n’est guère convainquant.

    Quant aux dialogues, malgré quelques moments cocasses assez brefs, Fire Lee a encore des progrès à faire. C’est finalement l’entame du film qui est la plus réussie, aussi bien dans la rapide description que fait le jeune héros de son habitat et quotidien, que dans le magasin où il passe son temps à glander et à trouer les emballages pour emmerder son patron. Car il transpire au-delà du délire visuel et narratif un discours sur l’horizon bouché d’une partie de la jeunesse de Hong Kong dont la population vieillit, grevée par de fortes inégalités de richesse et des difficultés d’acquisition de logements alors que le gouvernement chinois fait de grands bénéfices avec la propriété foncière.

    Bon, certes, ce n’est pas un film social, et pourtant cet aspect interpelle plus positivement que l’évolution du huis-clos évoluant en jeu de massacre, joliment filmé, mais totalement gratuit. Un film ne devient pas culte de manière forcée, et c’est bien la limite ici de l’auteur qui en fait trop pour paraitre sincère. Reste la curiosité de voir une œuvre qui tranche avec la production courante hongkongaise, et c’est déjà ça…

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